Si j’ai toujours gribouillé dans les marges et sur mes brouillons, c’est surtout avec la spécialité Théâtre que j’ai été encouragée à ma lancer dans de plus grands projets.

Pour ma page de garde, je voulais représenter ce que signifie le théâtre à mes yeux. J’ai repris l’idée de blackout poetry pour signifier l’aspect de l’interprétation, qui fait ressortir des choses nouvelles dans un texte, permet de mettre en évidence l’idée de « lire entre les lignes ». J’ai sélectionnée des passages de la première scène de « Combat de Nègre et de Chien » de Koltès. Tout d’abord, car c’est un spectacle qui m’a fortement marqué, et puis parce que c’est une confrontation, et que j’aime voir le théâtre comme un moyen de confronter des idées, des histoires, des points de vues. Et puis, « vous vous appelez tous frères, ici ». Parce que nous restons un groupe, que le théâtre est une affaire de partage.

Le Chien, lui est mon compte rendu direct du spectacle « Combat de Nègre et de Chien ». C’était ma toute première fois avec l’argile, mais son rendu fragile va finalement bien avec ce que je voulais faire ressortir du personnage de Cal. A la limite entre humain et sauvage, domestiqué et bestial, il est instable, fragile, et cela participe à son danger. C’est ce personnage qui m’a fait réellement m’intéresser à notre relation à l’animal et au bestial, et surtout aux comparaisons possibles avec certains personnages que je joue.

A travers ces expérimentations j’ai découvert que j’aimais particulièrement travailler directement à partir de couleurs et j’ai donc fait un stage de pastels d’une semaine avec l’artiste Hervé Louis sur le thème des vagues et des nuages, dans l’atelier des Térébinthes il y a un an. 

J’y ai beaucoup appris sur les contrastes et la lumière. Ce fut aussi la première fois que je travaillais à partir de photographies, j’ai donc pu également entraîner mon œil.

Je n’ai pas vraiment repris les pastels après ce stage ; je me suis au contraire tournée vers l’encre. Je suis passée de la poudre au liquide, et en l’occurrence, des couleurs au noir. J’expérimente, je m’amuse avec les coulées et la concentration d’eau dans l’encre. J’aime particulièrement ces deux productions, puisque pour l’une, je suis partie d’un visage vers quelque chose d’un peu plus abstrait, tandis qu’avec l’autre c’est l’araignée qui est apparue depuis les coulées. De la figuration à l’abstraction, et vice versa.

J’ai récemment découvert l’application Landing, grâce à laquelle j’ai commencé les collages. A l’inverse de mon travail à l’encre, mes collages sont très colorés, mais avec eux aussi j’expérimente un côté plus abstrait. Je recherche une esthétique plus surréaliste, j’aime faire comme un « paysage » avec sa cohérence.