Je découvre le théâtre à 8 ans. Quand ma mère voit que l’association qui fait mes cours de danse a aussi des cours de théâtre, elle m’y inscrit. D’abord parce qu’elle en a déjà fait et qu’elle a aimé, et puis parce que j’avais apparemment quelque chose de « théâtral ». Je ne suis pas sûre de ce qu’elle veut dire, mais c’est vrai que je me souviens avoir fait des « spectacles » où j’improvisais rebondissement absurde après rebondissement absurde pour amuser ma famille.




Mais j’avais aussi du mal à communiquer, j’étais très timide, et ma mère s’est dit que le théâtre pourrait m’aider. Effectivement, pour faire du théâtre, il faut oser. Il faut se faire entendre, il faut aller en première ligne. Ce n’est pas naturel pour moi ; il y a un monde entre mes petites histoires devant mes parents et ma sœur et un travail présenté à des inconnus. Je ne sais pas si je l’aurais fait si je n’y avais pas été poussée.
Et pourtant, me voilà aujourd’hui : cela fait trois ans que j’étudie le théâtre au lycée, cette année, j’en suis à 9 heures de théâtre par semaine, et j’en redemande ! L’année prochaine, que ce soit avec le conservatoire, une association ou des amis, je compte bien continuer sur cette lancée.
Ce n’est pas que oser est devenu plus facile. Présenter chacune de mes propositions me fait suer à grosses gouttes. Mais c’est un danger qu’il faut et que j’aime affronter. Que ce soit dans la compréhension, l’interprétation, la création, pour moi, dont le premier instinct est de me cacher, le théâtre est un moyen d’aller contre ma nature.

